Balades en expertise #16 : La notion de chômage

La notion de chômage… décryptée par Audrey Meyer, professeur en classes préparatoires à l’expertise comptable, coauteur du manuel DCG 9 et du « Tout l’entraînement DCG 1re année », ouvrage complet de préparation à l’épreuve

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Chômage et tensions de recrutement

Dans le contexte de reprise économique faisant suite à la crise sanitaire du Covid-19, Jean Castex avait dévoilé le 18 mai 2021 le plan du gouvernement pour lutter contre les tensions de recrutement. Quelques mois après, dans son allocution du 9 novembre 2021, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé la suspension des allocations-chômage pour les demandeurs d’emploi qui ne démontreraient pas une recherche active d’emploi.

Comment expliquer qu’on observe actuellement en France à la fois un chômage au sens du BIT de l’ordre de 8% de la population active, et des difficultés de recrutement dans certains secteurs ?

Commençons tout d’abord par définir la notion de chômage. Le chômage survient lorsque l’offre de travail des individus est globalement supérieure à la demande de travail des entreprises. Plus précisément, au sens du Bureau International du travail (BIT), une personne est au chômage si elle remplit les quatre conditions suivantes :

  • être en âge de travailler, soit avoir au moins 15 ans ;
  • être sans emploi (c’est-à-dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant la semaine de référence de l’enquête) ;
  • être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ;
  • être en recherche active d’un emploi : la personne doit donc avoir pris des dispositions spécifiques au cours du dernier mois pour trouver un emploi.

Cette mesure, utilisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans ses enquêtes, se différencie de celle de Pôle Emploi qui comptabilise comme chômeurs les personnes inscrites dans ses services en tant que « demandeurs d’emploi en fin de mois, sans emploi et effectuant des actes positifs de recherche d’emploi ». Disponibles pour travailler, les chômeurs sont donc des actifs inoccupés, qui se distinguent à la fois des inactifs, et des actifs occupés.

Quelles sont les causes de ce chômage ?

Le chômage conjoncturel s’explique par un ralentissement de l’activité économique à court terme. Ce chômage conjoncturel est logiquement appelé à disparaître lorsque la reprise économique s’amorce, mais si celle-ci tarde à se réaliser, la montée du chômage peut ensuite conduire à un chômage structurel.
Le chômage structurel résulte des dysfonctionnements structurels du marché du travail, c’est-à-dire des caractéristiques de fond de la population active ou des besoins des entreprises.
À l’image de ce qu’on observe actuellement sur le marché du travail français, un niveau élevé de chômage peut alors coexister avec un nombre élevé d’emplois vacants, de postes non pourvus. Certaines entreprises ne trouvent ainsi pas les employés dont elles ont besoin, soit parce que les chômeurs n’ont pas les compétences requises, soit parce que les caractéristiques des emplois vacants ne correspondent pas aux attentes des chômeurs.
Pour assurer un meilleur appariement entre l’offre et la demande de travail, les pouvoirs publics peuvent mettre en place :

  • En premier lieu des politiques actives de l’emploi en orientant l’offre de travail vers les secteurs et régions en besoin, par exemple en développant la formation professionnelle ou en favorisant les reconversions professionnelles.
  • Ils peuvent en second lieu activer des politiques passives de l’emploi en incitant les chômeurs à occuper les emplois vacants. Cette activation peut consister, par exemple, à :
    • renforcer les sanctions à l’égard des chômeurs qui ne recherchent pas activement un emploi ou qui refusent des offres d’emploi raisonnables ;
    • inciter financièrement au retour à l’emploi (comme le permet actuellement la « prime d’activité »), pour lutter contre les trappes à chômage ou à inactivité ;
    • obliger les bénéficiaires d’allocations à travailler pour percevoir leur prestation.

Tout l’enjeu de ces politiques de l’emploi est alors de réduire le chômage et d’accroître le taux d’emploi, sans pour autant dégrader durablement la qualité de l’emploi, risque qui apparaît si les chômeurs sont incités à accepter des emplois peu qualifiés et peu rémunérés.

Éléments complémentaires

Liens avec le programme du DCG

Unité d’enseignement (UE)

Liens avec les savoirs

Compétences associées

UE3 – Droit social

La protection en cas de chômage.

Identifier les conditions d’indemnisation du chômage, les droits et obligations du demandeur d’emploi.

UE5 – Économie

Les déséquilibres sur le marché
du travail.

  • Caractériser la situation du marché du travail à l’aide d’indicateurs variés.
  • Appréhender la diversité des situations des individus sur le marché du travail.
  • Analyser les causes structurelles et conjoncturelles du chômage, sur un marché donné.
  • Identifier les causes du dualisme et de la polarisation du marché du travail.

L’action publique pour limiter
les déséquilibres sur le marché
du travail.

  • Identifier les principales mesures prises dans le cadre des politiques de l’emploi au sein des pays de l’OCDE.
  • Distinguer les mesures dites passives et actives.
  • Caractériser l’action des pouvoirs publics pour accompagner les transformations du marché du travail.

 

Pour aller plus loin