Balades en expertise :
L’environnement et ses dimensions économiques et managériales

Actu Gestion février 2022

L’environnement et ses dimensions économiques et managériales… décryptés par Audrey Meyer, professeur en classes préparatoires à l’expertise comptable, coauteur du manuel DCG 9 et du « Tout l’entraînement DCG 1re année », ouvrage complet de préparation à l’épreuve

#DéveloppementDurable #RSE #COP #Croissance #Soutenabilité #Externalités

Analyse économique et managériale de l’environnement

La COP26, soit la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’est tenue à Glasgow début novembre 2021, a été le lieu de négociations intenses entre près de 200 pays. Ces négociations ont notamment abouti au « Pacte de Glasgow pour le climat », qui a réaffirmé l’objectif de l’Accord de Paris, soit de maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale à un niveau bien inférieur à 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels. D’autres mesures ont été approuvées, comme une réduction progressive de l’électricité produite à partir du charbon et une suppression progressive des subventions « inefficaces » aux combustibles fossiles.

Ces mesures, qui visent à préserver la diversité des espèces, le climat et les ressources naturelles, répondent à l’objectif écologique du développement durable. Le développement durable, qui recouvre également un objectif économique et social, a été défini dans le rapport Bruntland en 1987 comme « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Mais notre économie est-elle capable de concilier croissance économique et développement durable ? À cette question de la soutenabilité de la croissance s’opposent deux conceptions :

  • Les théoriciens de la soutenabilité faible postulent que l’épuisement des ressources naturelles va faire augmenter leur coût jusqu’à un point où il deviendra plus avantageux de remplacer la ressource naturelle par du capital de substitution. Ce remplacement, permis par le progrès technique, permettra de maintenir un niveau de croissance satisfaisant.
  • A l’opposé, les théoriciens de la soutenabilité forte soutiennent que le progrès technique ne peut pas compenser l’épuisement des ressources naturelles car elles ne peuvent pas être remplacées par du capital. Pour préserver le stock de ressources naturelles et par application du principe de précaution, ces théoriciens militent pour une croissance nulle, voire une décroissance.

Face à la difficulté actuelle de promouvoir la décroissance, se développe l’économie circulaire. Ce système économique d’échange et de production vise, de la production à la gestion des déchets en passant par la consommation, à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement. L’économie circulaire promeut, par exemple, le développement des circuits courts, la sobriété dans la conception des produits ou une conception favorisant la réparation, la réutilisation et la mutualisation de l’usage des produits. Dans cette dernière optique dite de l’économie des fonctionnalités, les vendeurs ne vendent alors plus des produits mais leur utilisation ce qui les incite à augmenter la qualité et la durée de vie de ces derniers. À titre d’exemple, Michelin annonce ne plus vouloir vendre des pneus mais des « kilomètres parcourus », évitant ainsi toute obsolescence programmée.

Pour promouvoir ces différentes pratiques favorisant la transition énergétique, l’État joue un rôle central. Il peut en premier lieu taxer les pollueurs à l’origine externalités négatives, et inversement aider financièrement les producteurs d’externalités positives sur l’environnement. Il peut par ailleurs instaurer des réglementations, des marchés de droits à polluer ou des instruments contractuels tels que des chartes ou des labels.

À côté de ces politiques environnementales, les entreprises ont également un rôle à jouer dans le cadre de la RSE, soit de leur responsabilité sociale et environnementale. Elles doivent ainsi non seulement se soucier de leur rentabilité et de leur croissance, mais aussi de leurs impacts environnementaux et sociaux, en étant plus attentive aux préoccupations de leurs parties prenantes que sont notamment leurs salariés, leurs fournisseurs, leurs clients et la société civile dont les ONG (organisations non gouvernementales) sont les porte-parole.

Pour ces ONG de défense de l’environnement et pour certains scientifiques, la COP26, qui devait être une réunion historique, n’a pas été à la hauteur des enjeux climatiques. Les réductions des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) sont toujours insuffisantes pour préserver un climat vivable, tout comme le soutien aux pays les plus vulnérables touchés par les effets des changements climatiques.


Éléments complémentaires

Liens avec le programme du DCG

Unité d’enseignement (UE) du DCG

Liens avec les savoirs
du programme

Compétences associées

UE 5 – Économie contemporaine

Caractériser le développement durable dans ses trois dimensions

Développement durable : dimensions économiques, sociales et environnementales

Analyser les effets attendus
des mesures de politique environnementale sur
les comportements des acteurs

  • L’environnement, illustration de défaillances de marché (Coase, Pigou, Hardin, Olstrom)
  • Degré de soutenabilité de la croissance : faible (Stiglitz) ou forte
  • La transition énergétique
  • Les instruments des politiques environnementales : fiscalité, droits à polluer, réglementation

Analyser les opportunités et
les limites du développement durable en termes de croissance économique

Apparition de logiques économiques différentes : économie circulaire, économie des fonctionnalités

UE 7 – Management

Environnement économique, technologique, social, écologique, culturel et sociétal

  • Repérer les influences réciproques entre une organisation et son environnement
  • Repérer les enjeux auxquels une organisation donnée doit faire face, dans l’environnement actuel
  • Justifier l’importance des caractéristiques de l’environnement dans une décision managériale donnée quel que soit le type d’organisation

Responsabilité sociale
de l’entreprise (RSE)

  • Mettre en évidence des évolutions sociétales impactant une organisation donnée
  • Analyser les dispositifs liés à la responsabilité sociale de l’entreprise pour une organisation donnée

 

Pour aller plus loin