Balades en expertise :
Les stocks

Actu Gestion janvier 2022

Le 25 mai 2021, environ 35 000 commerces ont perçu une aide exceptionnelle pour compenser les stocks invendus du fait de la crise du coronavirus. Ces commerces de l’habillement, de la chaussure, du sport et de la maroquinerie ont de faibles possibilités de pouvoir écouler leurs stocks, en raison de leur nature saisonnière.

Mais à quoi correspondent les stocks ?

Le PCG définit un stock comme un actif :

  • détenu pour être vendu dans le cours normal de l’activité,
  • ou en cours de production pour une telle vente,
  • ou destiné à être consommé dans le processus de production ou de prestation de services, sous forme de matières premières ou de fournitures.

Contrairement à une immobilisation, un stock se caractérise donc par sa durée de vie limitée. Il n’a pas vocation à rester plusieurs exercices de suite dans le patrimoine de l’entreprise mais à être vendu ou utilisé dans le cadre de l’activité.

Le Code du commerce impose aux commerçants de procéder, au moins une fois tous les 12 mois, à un inventaire physique des stocks. Cet inventaire peut être réalisé à la clôture de l’exercice, le 31 décembre par exemple, ou à quelques jours de décalage.

Dans le cadre de l’inventaire intermittent, l’évaluation chiffrée des stocks, en quantité et en valeur, est réalisée uniquement lors de l’arrêté des comptes. Cependant, les entreprises dont les stocks sont stratégiques peuvent décider de réaliser cette évaluation :

  • plusieurs fois dans l’année (on parle d’inventaire tournant) ;
  • ou après chaque entrée et/ou sortie en stock (on parle alors d’inventaire permanent).

Mais comment évaluer ces stocks ?

L’évaluation des stocks répond aux principes d’évaluation des actifs : le coût des stocks doit comprendre tous les coûts d’acquisition, de transformation et autres coûts encourus pour amener les stocks à l’endroit et dans l’état où ils se trouvent.
Ils sont donc évalués :

  • Au coût d’acquisition pour les stocks acquis à titre onéreux,
  • Au coût de production pour les stocks produits par l’entité.

Si ces stocks sont acquis ou produits à des coûts différents, deux méthodes sont autorisées par le PCG pour évaluer leur sortie :

  • Méthode du coût unitaire moyen pondéré (CUMP) : qui permet d’évaluer le stock en faisant la moyenne pondérée des coûts des différentes entrées en stocks.
  • Méthode du PEPS (premier entré, premier sorti) : qui consiste à évaluer le stock au coût des éléments les plus récents restant en stock.

Une fois évalués, comment comptabiliser ces stocks ?

En vertu du principe d’indépendance des exercices, la comptabilisation des stocks consiste à :

  • Mettre à jour la valeur du stock dans l’actif circulant du bilan, compte tenu des entrées et des sorties des éléments stockés. Le compte de stock de classe 3 est alors crédité pour le montant du stock initial afin de le supprimer, et débité pour le montant du stock final.
  • Corriger les charges et les produits de l’exercice comptable qui s’achève afin que :
  • - les charges de l’exercice comptable prennent en compte les achats réellement consommés ou vendus pendant l’exercice comptable (soit les achats de l’exercice auquel s’ajoute le déstockage ou se soustrait le stockage) ;
  • - les produits de l’exercice comptable prennent en compte la production effectivement réalisée au cours de l’exercice comptable (soit la production vendue à laquelle s’ajoute le stockage ou se soustrait le déstockage).
  • Un compte de variation de stocks (603 pour les éléments achetés ou 713 pour les éléments produits) est alors mobilisé.
  •  

Mais au-delà de leur comptabilisation, en quoi peut constituer la gestion de ces stocks ?

Afin de réduire leur besoin en fonds de roulement d’exploitation (BFRE), les entreprises peuvent chercher à réduire la durée d’écoulement des stocks, voire même à supprimer le stockage par une politique dite de juste à temps (ou de « flux tendus ») conçue dans les années 1950 chez Toyota. L’approvisionnement est alors strictement restreint aux besoins de la production immédiate, sans stock autre qu’un stock de sécurité pour faire face à des légers retards de livraison ou de production, ou à une vente supplémentaire.
Pour assurer un flux de réapprovisionnement juste-à temps du stock, la méthode kanban peut être utilisée. Il s’agit alors de se réapprovisionner en stock que lorsque apparaît un indicateur visuel appelé Kanban :

  • soit pas trop tôt, pour éviter tout stock « inutile » source de gaspillages d’argent et d’espace,
  • mais pas trop tard non plus, pour éviter tout arrêt de la production.


Eléments complémentaires

Lien avec le programme du DCG :

UE du DCG

Lien avec les savoirs du programme

Compétence associée

UE6 « Finance d’entreprise »

- Analyser le besoin en fonds de roulement au vu des éléments variables (notamment poste de stocks).

- Les actions sur le poste « stocks ».

UE7 « Management »

- Identifier et caractériser les activités essentielles pour une organisation donnée.
- Expliquer les rôles de chaque activité, leurs évolutions, leurs interdépendances et la contribution aux objectifs et aux enjeux d’une organisation donnée.
- Repérer et analyser les moyens et les outils mis en œuvre par chaque activité.

- Logistique : gestion des stocks.

UE9 « Comptabilité »

- Expliquer la finalité et les enjeux des opérations d’inventaire.

- Établir l’articulation entre les principes comptables et les opérations d’inventaire.

- Évaluer et comptabiliser les différentes opérations d’inventaire.

- Inventaire intermittent et variation des stocks.

UE10 « Comptabilité approfondie »

- Exposer et appliquer les règles d’inscription à l’actif, d’évaluation et d’enregistrement des stocks.
- Évaluer et comptabiliser les opérations portant sur les stocks à l’entrée et postérieurement à leur entrée.
- Analyser les conséquences d’un choix de comptabilisation notamment sur la présentation des comptes annuels, dans une situation donnée.
- Présenter les informations à fournir en annexe.

- Principes d’évaluation des stocks à l’entrée et postérieurement à leur entrée.

UE11 « Contrôle de gestion »

- Déterminer le programme optimal d’approvisionnement en avenir certain et le stock optimal en avenir aléatoire.

- Les outils de construction de budgets dans le domaine des approvisionnements (modèles de gestion des stocks en avenir certain, modèles en avenir aléatoire, budgétisation des approvisionnements, implications du juste-à-temps).


Pour aller plus loin :

  • Sur l’évaluation et la comptabilisation des stocks : lien vers DCG9 Dunod et DCG10 Dunod.
  • Sur l’activité logistique de gestion des stocks : lien vers DCG7 Dunod.
  • Sur l’impact de la gestion des stocks sur le besoin en fonds de roulement : lien vers DCG6 Finance.
  • Sur les outils de construction de budgets dans le domaine des approvisionnements : lien vers DCG11 Dunod.